CR Août 2019 – Camp Margua 2019

août 1, 2019 asmpg No comments exist

Le Week-End du 27 & 28 juillet 2019, plusieurs membres de l’ASMPG ont participé à l’installation de notre campement. Mais ils n’étaient plus que trois (Jo, Cathy et Gabriella) durant la semaine. Toutefois, quelques travaux ont pût être fait, comme des socles pour la tente. L’élargissement plus ou moins volontaire et l’équipement du puits d’entrée de l’Aldo nécessita quelques journée de travail. Il y eu aussi quelques séances photos avec Éric et Philippe

 

N’ayant pas pût me libérer avant, Je prends la route vers l’Italie en fin d’après-midi le 02/08/2019. Je subis quelques ralentissements routiers entre Castelnaudary et Narbonne, dût au chassé-croisé des vacanciers. Je ferais une pause de 3h à Nîmes. Le reste du trajet se déroulera bien, mise à part deux attentes dût aux travaux routiers de deux tunnels de la Vallée de la Roya. En matinée, j’arrive au départ de la piste qu’il me faut payer. Au Col des Seigneurs, je retrouve Jo, Cathy, Gabriella qui sont déjà là depuis une semaine, il y a aussi Éric et Philippe. Dans la matinée, c’est le tour de Marc T., Delphine et Jean-Paul S. d’arriver. On s’installe.

 

Le 04/08/2019: Avec Jean-Paul nous partons équiper les puits de l’Aldo, depuis la grande salle. On équipe les premiers puits après la galerie des Pyrénées. Nous nous arrêterons par manque d’amarrage.

Au retour on retrouve Jo et Marc qui ont commencé quelques travaux d’élargissement, j’arrive à me faufiler  entre les blocs, derrière je vois bien du noir et encore des blocs, mais poursuivre les travaux dans cette trémie devient fortement dangereux !

 

Le 05/08/2019: J’accompagne Delphine à l’  »Aldo ». Nous y descendons jusqu’à la côte -50m

 

Le 06/08/2019: Nous sommes nombreux à descendre au Fiat-Lux. Une première équipe composée de Jo, Marc et Romain s’attaque à la désobstruction du boyau de -245m. Pendant ce temps l’autre composée de Jean-Paul, Lucien Berringer va chercher des cordes, dans les puits; 40m en dessous du méandre de 45m. 3 kits de cordes seront ramenés à -245m.

Avant de ressortir, je rejoins Jo, qui me demande de jeter un œil à cette nouvelle désobstruction. Ce que je fais immédiatement, a mon grand étonnement, çà passe ! Jean-Paul me suit. Ce n’est pas nécessaire mais j’enlève mon harnais. Mis à part au début le méandre se parcourt aisément sur quelques dizaines de mètres, nous nous arrêterons devant un P5 que Lucien équipera sur des amarrages naturels. Ils le descendront et s’arrêteront sur un énorme puits.

Avec Delphine, nous terminerons cette journée par une balade sur le lapiaz du côté du 24.157, je le rouvrirai et apparemment il n’y a plus de neige.

 

Le 07/08/2019: Je descends très tôt au Fiat-Lux, pour sortir les dernières cordes que nous avions laissées la veille. J’irai faire un tour jusqu’au grand puits trouvé la veille. En remontant je croiserai Jean-Paul, Marc, Romain et Jo qui vont poursuivre les explorations: Ils descendront deux jolis puits et s’arrêteront devant un méandre boueux.

Dans l’après-midi, avec Delphine nous retournerons à l’Aldo jusqu’à la grande salle.

 

Le 08/08/2019: à 10h nous rentrons dans le Fiat-Lux. Nous sommes partis à quatre, Gustave, Jean-Paul, Romain et moi. Afin de poursuivre l’exploration de la veille. Ils s’étaient arrêtés sur un méandre boueux se rétrécissant vers le bas.  A la sortie du méandre s’ouvre un grand puits. Une deuxième équipe composée de Monica, Stefano et Pascal, nous suivra et topographiera, depuis le passage ouvert le 06/08/2019 . Ils s’arrêteront à l’entrée du méandre.

Tandis que Jean-Paul équipe d’une main courante ce passage merdique, nous faisons suivre deux kits de cordes. . Après ce méandre très boueux ne laissant quasiment aucun appui, aucune prise pour les pieds et dans lequel il fallait se faufiler en opposition avec les genoux et les fesses… il nous faut remonter une petite verticale avant de franchir une dernière étroiture vers le bas. Jean-Paul purge  et commence l’équipement de ce grand puits qui semble ne plus s’arrêter. Les puits et les fractionnements s’enchainent. Les puits sont de plus en plus larges et arrosés. Nous arrivons sur un palier. C’est ici que nous nous arrêterons par manque de corde. Avec les mesures prises à l’altimètre, Jean-Paul estime que nous sommes à -400m et que nous avons descendus près de 100m de puits, dans lequel nous nous sommes bien trempés. Après avoir mangé un bout, on laisse le perfo et quelques amarrages, et nous entamons la remontée, Jean-Paul part en tête, suivi de Gus et Romain, je ferme la marche, comme d’habitude.

En haut du puits Jean-Paul est déjà loin. Gus montre quelques signes de fatigue et laisse passer Romain qui attaque le méandre, pour lui tout va bien, il commence la remontée du puits. Mais ne voyant personne dernière lui, il retourne au méandre et trouve Gus en train de se bloquer au milieu du méandre et moi essayant de le guider. Si au départ la situation n’était pas inquiétante, nous nous sommes vite aperçu que Gus glissait et était à présent bloqué au niveau du torse. Avec Romain, nous sommes restés une bonne demi-heure à essayer de le décoincé sans succès, risquant même de me coincer à mon tour. Nous avons donc décidé qu’il fallait que Romain remonte chercher de l’aide en surface.

A 15h45 Romain part et arrive au camp vers 17h30. À la sortie et après quelques recherches, il trouve Jo, Enrico et Marc en train de travailler à un nouveau trou qu’ils viennent de trouver au bord du sentier qui mène au col de la Galline. Une fois la situation expliquée ils se rendent très vite au Fiat Lux

Pendant ce temps, je reste seul avec Gus, il est longé à moi, je trouve une petite niche au-dessus de lui et m’y cale l’empêchant au mieux de descendre plus bas. Il essaye à tout prix de se sortir de là, il s’épuise mais rien y fait. Le temps passe, de temps en temps, il a des crampes, il a du mal à respirer, il gémit. Je suis inquiet et quand je ne l’entends plus, je l’appelle pour qu’il ne s’endorme pas. Le temps est long. A cause du courant d’air froid passant par ce rétrécissement et mes épaules contre les parois humides et dans l’impossibilité de bouger, je commence à prendre froid. Avec l’écoulement de l’eau et différents bruit, j’ai souvent l’impression d’entendre des voix.

A 20H30 environ, Enrico nous a rejoint, il me demande de le rejoindre à l’entrée du méandre, me dit où il faut faire passer la corde et placer la poulie-bloqueur. Jo nous a rejoints, il lui débloque le pied. Marc arrive, on essaie de le sortir de là mais rien n’y fait et Jo nous demande de déplacer la poulie. Ce que l’on fait rapidement et on recommence. C’est centimètre par centimètre, que nous finissons par extraire Gustave complètement épuisé et gelé et probablement en hypothermie. Il aura fallu moins de 20mn pour l’extraire !

Sans perdre de temps, on lui prépare de la soupe et des boissons chaudes, Enrico se colle à lui pour le réchauffer

Jo me demande de sortir et de déclencher le secours. Je prends le perfo que Jo avait descendu et je remonte suivi de Jo. A mi-parcours je croise Romain qui accompagne le médecin et les premiers secouristes. Le secours est déjà déclenché !

A 22H ils auront rejoint Gustave à -300m. Romain et Marc remonteront laissant Enrico et les secours italiens s’occuper du reste. Je poursuis ma remontée, et croise d’autres secouristes. Je sors vers 22h30, je suis accueilli avec du thé chaud et sandwich que les membres du camp ont préparé.

Gabriella ayant averti les secours, Pascal ayant mis en place une signalisation indiquant le trajet entre le refuge du Don Barbera au Fiat-Lux, le ballet des secouristes italiens s’est mis rapidement en place avec aux baguettes Giorgio et Lucido. Quant aux membres du camp ASMPG, ils ont assurés l’intendance

Après une nuit très courte, je vais au nouvelle de Gus. A 4h, les secouristes ont commencé à remonter Gus. En milieu de matinée, Gus est très épuisé et le médecin décide de faire un bivouac à -150m et de le faire reposer pendant quelques heures. Nous sommes inquiets ! Dans l’après-midi, nous retournerons devant le Fiat-Lux. C’est avec soulagement et une grande émotion que nous accueillerons Gus qui sortira: le 09/08/2019 à 17h: après 31h passées sous-terre.

Après quelques examens médicaux, il sera porté en civière jusqu’au refuge Don Barbera, avant d’être transporté en ambulance à l’hôpital de Mondovi pour des examens de contrôles approfondis.

Cathy et Elena iront le chercher et le ramèneront au campement le 12/08/2019

 

Le10/08/2019: Afin de nous remettre des émotions de ces derniers jours, ce sera une journée repos: certains feront de l’initiation en falaise, d’autres des petits travaux, marches d’escaliers…..

Nous irons faire des travaux d’élargissement au nouveau trou, le boyau ouvert je descendrai environ une dizaine de mètres et m’arrêterai devant une diaclase étroite avec fort courant d’air froid

 

Le11/08/2019: Le temps passe, et nous devons renoncer à certains de nos objectifs. C’est pour cela que nous déséquiperons l’Aldo. Pascal et moi iront le déséquiper. Pascal m’attendra à la sortie de la galerie des Pyrénées, au sommet des grands puits. Je mets les cordes à l’abri de l’eau et je récupère tous les amarrages que je passe à Pascal. Nous déséquiperons tous le gouffre et nous sortirons les amarrages et les 2 cordes des puits d’entrée.

Pendant ce temps, une équipe composé de Enrico, Romain, Monica et Stefano sont au Fiat-Lux, pour remettre des cordes en place, remonter des cordes ainsi que des poubelles laissées par les secours.

 

Le 14/08/2019: Nous sommes trois pour cette sortie dont l’objectif est de topographier les puits que nous avons découverts le 08/08/2019 et poursuivre l’exploration où nous nous étions arrêtés par manque de corde (puits estimé à 30m)

Nous rentrons dans Fiat-Lux à 9h, la descente jusqu’à la diaclase de -160m est rapide. Là, nous enlevons plusieurs gros blocs ayant bougés, lors de la dernière exploration. Nous reprenons la descente jusqu’au boyau de -245m. Là, Enrico aperçoit un amont d’où provient beaucoup d’eau. Je prends la massette. A grands coups de massette, j’ouvre le passage sur plusieurs mètres, et nous arrivons dans une salle dotée d’une coulée de calcite. Une escalade facile, mais nécessitant d’être équipée d’une, afin d’atteindre 2 lucarnes dont une présentant de nombreuses concrétions d’air. Nous arrivons au méandre boueux de -300m. Nous faisons tomber un gros bloc à l’entrée du méandre.

C’est ici que nous démarrerons la topographie, jusqu’à -400m. Une petite pause bouffe et nous laissons à Romain le plaisir d’équiper la suite des puits, une première pour lui ! Le puits est très mouillé et donne sur une arche, au centre de deux énormes puits parallèles. Nous reconnaissons de suite ces deux puits donnant dans une grande salle du F5, nous venons de jonctioner !. La topo faite, nous décidons de déséquiper le grand puits, jusqu’au méandre boueux. En remontant Romain voit un fix avec du vernis à -380m (signe que nous sommes déjà passé ici).

Nous faisons passer les kits de cordes, de l’autre côté du méandre. Je remonte un kit jusqu’au méandre. Il se fait tard, nous ne topographierons pas le réseau amont trouvé à l’aller, car un bon repas nous attend chez Matéo, au refuge Don Barbera.

La remontée se fait sans souci et à 18h, après un TPST de 9h nous sommes dehors.

 

Les derniers jours du camps furent consacrés à quelques balades sur le massif et à la désobstruction et l’exploration du trou ouvert le 08/08/2019 et qui sera baptisé « Lou Présepi ».  Jo, Marc, Enrico, Pascal, Romain, Simone, Paolo, Agostino et moi-même se relaieront. Tommaso, Delphine et Laurent viendront y faire une visite.

La désobstruction de la diaclase a ouvert un puits d’une dizaine de mètres. Après avoir ouvert, nous descendons de 3m env. Nous nous arrêterons à -35m env. sur un pincement, mais le courant d’air est toujours là.

 

Les bons plats de Gabriella, d’Elena, sans oublier les pizzas de Stefania, les Fromages de Marc et son traditionnel Aligo; le vin chaud de Matéo. La venue du géologue Nicolas et de quelques anciens du Marguareis. Le traditionnel feu d’artifice toujours agréable à regarder, tout comme de beaux clairs de lune auxquels nous avons eu droit cette année. Tout cela à bien agrémenté ce camp.

Remerciement particulier à la soixantaine de Secouristes italiens dont certains sont venus de loin, et à tous ceux qui nous ont aidés et soutenu, pour leur efficacité et solidarité.

 

Le 18/08/2019, nous terminons notre 5ème camp au Col des Seigneurs, qui restera gravé dans nos mémoires.

Dominique

photos: Delphine, Agostino, Carlo, Dominique, Marc, Nicolas, Sergio

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